Expression plastique

L’expression : découvrir et faire valoir sa singularité

Dessin à 2 : E et K, maison d’arrêt d’Arras, 2015

Les ateliers d’expression plastique visent à réveiller en chacun des gestes spontanés, pour s’acheminer progressivement vers un travail d’expression de soi à la fois singulier, authentique, en passant par des dialogues artistiques et relationnels avec d’autres personnes (participants, spectateurs).

Les ateliers se finalisent généralement par la réalisation d’une exposition d’œuvres individuelles et/ou collectives.

Les médiums proposés sont illimités : toute matière est plastique, le dessin, la peinture, l’argile, mais aussi bien le son, les objets, le métal, les pixels, les mots, les programmes informatiques (!), le tissu, la pierre, le bois, le corps lui-même. Les propositions d’atelier sont donc à construire et à adapter en fonction de chaque contexte d’intervention et selon les collaborations artistiques, avec l’envie de faire découvrir à chaque fois de nouvelles possibilités d’expression.

L’imagination : former, déformer la matière

Le ressort de l’atelier est l’imagination. Tous les moyens sont bons pour la réveiller : paroles, musiques, sources documentaires, images… Au fil des séances, le ou les artistes intervenants apportent une foule de ressources en fonction des demandes, choix, cheminements propres à chaque participant.e.

L’imagination, relayée dans le geste, est ce qui agit et transforme la matière : elle exerce sa force de création aussi bien en formant, construisant, structurant, qu’en détruisant, déformant, dérangeant.

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Diorama réalisé par B, détenue à la maison d’arrêt de Valenciennes, 2017

L’imagination est comme un geste de confiance dans la matière, dans les possibilités que la réalité, la plus matérielle, la plus laide, la plus contingente, la plus insignifiante, peut offrir. Laisser libre cours à l’imagination et à la spontanéité, c’est ouvrir le champ des possibilités multiples – celles de l’erreur, de la maladresse, mais également de la prouesse, de l’image inattendue, inespérée. La liberté du geste laisse alors à la matière la liberté de ses bavures, de ses taches, de ses imprévus : la matière répond, elle n’est pas une chose inerte, à sa manière, elle vit !

La création collective : un jeu

La création collective est une manière de jouer avec l’informe : on y est à la fois spectateur et acteur de toutes les formes et déformations qui se créent de l’entremêlement des interventions sur la matière par les uns et les autres.

La plasticité de la matière fait d’elle une source intarissable d’expériences : elle devient un « espace de jeu » à partager à plusieurs joueurs : cadavre-exquis, « peintures-mots », squiggle (gribouillis) sont par exemple les modes de jeu par le dessin les plus connus, notamment employés en art-thérapie. D’autres encore sont possibles : l’art postal, la fresque, le collage, la mise en livre…

Finaliser l’atelier par une exposition des productions de chacun est à sa manière aussi une création collective, de l’ordre de l’installation. Et l’œil du spectateur, à son tour, apporte un ordre à ce qui est montré : son imagination aussi s’active, et il arrive souvent que lors de ces moments d’exposition, on invite encore à créer… c’est infini !

Les intervenants

Emmanuelle Duguet

Patrice Quétin

Maxime Manac’h

Fleur Legras

 

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